
La chimiothérapie est dite :
- Adjuvante, lorsqu'elle est utilisée en complément de la chirurgie en cas de cancer infiltrant : elle est débutée un mois après l'intervention.
- Néo-adjuvante, lorsqu'elle est utilisée comme premier traitement, avant tout geste chirurgical. L'intervention est faite après 4 ou 6 séances.
Sinon elle peut être utilisée dans le cadre d'un traitement purement médical, en dehors de toute intervention chirurgicale.
Elle consiste en l'administration de plusieurs drogues par voie intraveineuse, une fois toutes les 3 semaines, à raison de 6 séances, soit environ 5 mois de traitement. Chaque séance dure peu de temps et peut être faite en ambulatoire.
Un dispositif à perfusion (appelé PAC) doit être posé (sous anesthésie locale simple ou assistée) avant le début du traitement en raison de l'agressivité des drogues pour les parois veineuses: il se compose d'un petit boîtier fermé d'une membrane relié à un cathéter. Le boîtier est implanté sous la peau dans la région sous claviculaire et l'extrémité du cathéter est placé, par simple ponction d'une veine de la base du cou (sous-clavière ou jugulaire) dans une grosse veine (la veine cave supérieure, près de la jonction avec l'oreillette droite ). Les drogues sont ainsi, lors de chaque séance de chimio, délivrées facilement et sans danger pour la paroi veineuse : l'aiguille est placée sans aucune douleur dans le boîtier et les drogues sont acheminées dans une veine de gros calibre où elles sont rapidement lavées par le flux veineux.
De nombreux protocoles peuvent être utilisés :FEC, TAC etc...aux noms barbares. Ils ont tous plus ou moins les inconvénients que l'on redoute mais qui ne présentent aucune gravité car ils sont temporaires et réversibles : chute des cheveux, troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhées), asthénie (fatigue), baisse des globules blancs et des plaquettes imposant parfois de décaler d'une semaine la séance prévue...
Votre cancérologue vous expliquera tout en détail en fonction de votre cas.
Seules les Anthracyclines ont une toxicité cardiaque qui peut être grave mais qui est exceptionnelle et sera prévenue et dépistée par les bilans cardiaques.
Les complications hématologiques graves survenant à distance, parfois plusieurs années après, sont encore plus exceptionnelles, mais le risque n'est jamais zéro et doit être mis en balance, comme toujours, avec le bénéfice attendu.
La Chimiothérapie adjuvante est très fréquente en cas de lésion maligne. Elle ne signifie pas pour autant "gravité".
Son but, le plus souvent, n'est pas de guérir mais de prévenir, et donc de préserver au mieux l'avenir.
- Systématique chez la patiente très jeune (moins de 35 ans).
- Théoriquement indiquée si tous les paramètres histologiques ne sont pas "au Vert" : taille de moins de 20mm, grade 1, hormonodépendance forte (RO+, RP+), index de prolifération (MiB1) faible (moins de 10%), absence d'envahissement ganglionnaire (N-). Une tumeur de grade 2, quelle que soit sa taille et ses autres caractéristiques, doit la faire envisager. Voir l'Histologie.
- L'indication doit tenir compte de l'âge de la patiente et du gain attendu en matière de Survie et de Récidive ou de rechute. L'indication, à taille et grade égal, différera chez la patiente de 45 ans et chez celle de 75 ans.
Certaines drogues ayant une toxicité cardiaque (anthracyclines) seront évitées chez la femme âgée.
Le site www.adjuvantonline.com donne de façon précise , en fonction de chaque cas, les bénéfices comparés de chaque combinaison de traitements.
Demandez à votre médecin de le consulter. ESPACE MEDECINS.
La Chimiothérapie néo-adjuvante est indiquée d'emblée, de première intention, avant toute chirurgie, essentiellement dans deux cas : 1) les tumeurs volumineuses (de plus de 30mm) pour éviter la mastectomie: la chimiothérapie permet d'obtenir une réduction de volume, parfois très importante, ce qui autorise un traitement conservateur par tumorectomie. 2) les tumeurs inflammatoires, en poussée évolutive (PEV) réalisant au maximum la mastite carcinomateuse (tableau évoquant un abcès du sein).
Au préalable une étude histologique précise par micro ou macro-biopsie est indispensable pour confirmer le diagnostic de tumeur maligne invasive et pour connaître les caractéristiques exactes de la tumeur (en particulier hormono-dépendance et statut Her-2). Ces renseignements sont indispensables pour adapter le traitement de façon précise.
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